Ar Boem désigne la bande de terre retournée au passage de la charrue. Pourquoi choisir ce nom comme titre à une revue ?
Dans le canton de Briec, qui fournira la matière de nos articles, l'agriculture et l'agro-alimentaire sont toujours les activités économiques prépondérantes; une référence à la ruralité, ici plus précisément aux labours, est donc de circonstance. Autre raison à ce choix : à l'instar des agriculteurs qui, depuis les origines, font produire les terres du canton, nous avons l'ambition de fournir également une production mais culturelle celle-là. Quant au titre breton, il est justifié à la fois par la localisation du canton en basse-Bretagne et par la présence, amoindrie certes, mais toujours effective, de bretonnants dans la population.
Le nombre non négligeable de publications parues sur le canton, dans les revues savantes de la région et du département, dans quelques monographies locales mais aussi dans des recherches universitaires menées par des étudiants du canton, sont autant de travaux qui montrent que la matière existe. Mais ils restent habituellement confidentiels. Les faire connaître au plus grand nombre en invitant ces différents auteurs à publier dans la revue : là est l'objet d'Ar Boem. Dans ses grandes lignes, elle traitera d'histoire, d'ethnologie, d'architecture religieuse et civile ainsi que de la langue bretonne.
A une époque où la proximité de Quimper et la présence de la voie expresse concourent à renouveler la souche de la population ancienne par l'implantation de nouveaux arrivants, il est important que les uns et les autres aient connaissance de la spécificité culturelle, basse bretonne et essentiellement rurale il y a peu de temps encore, du territoire cantonal. Cette spécificité, qui sera aprréhendée ici au plan local, procède néanmoins de la culture bretonne dans son ensemble; elle ne peut en aucun cas être identifiée à un repli sur soi; à l'opposé, elle se présente comme une ouverture sur l'extérieur. Et, dans le cadre européen, les régions à identité forte -c'est le cas de la Bretagne-, auront plus de chances de tirer leur épinge du jeu.
Alors, permettre à certains de s'approprier leurs racines et à d'autres de s'en créer dans leur environnement d'adoption, voilà ce à quoi veut contribuer Ar Boem.
André Cornec
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