Avec aux manettes Gérard Le Dortz et Claude Mignon, Strinkadenn Ys est l'aboutissement d'un travail de longue haleine. Depuis de nombreuses années, Gérard et Claude rêvaient doucement de composer un véritable opéra rock en langue bretonne, un terrain musical qui jusqu'à présent était resté encore vierge. Ce concept ressemblait fort à un défi tant une entreprise de telle envergure passait pour être irréalisable à la pointe de la Bretagne - d'autant que le concepteur et parolier, Gérard souhaitait avec force le réaliser en Breton. Cette idée, Gérard et Claude vont la mener à bien, en toute discrétion, en réunissant une fine équipe autour d'eux : dans un premier temps, une maquette fut réalisée avec la complicité de Bleunwenn, une voix souvent entendue aux côtés des Tri Yann. Puis Gwendal Mével en fit l'adaptation bretonne bientôt suivie par son extraordinaire fratrie : Gurvan (batterie), Gwenhael (bombardes, flûtes) et Konan (cornemuses), les guitares et les claviers étant assurés par Claude Mignon. L'équipe se complète avec Farid Aït Siameur, chanteur de Tayfa, de Cyril Froger et d'Olivier (basse) et également d'un bagad, comme de coutume pour toute entreprise musicale d'envergure en Bretagne (Héritage des Celtes, tournées de Gilles Servat,...), le bagad Penhars, drivé de mains de maître par le penn-soner Jean-Yves Herlédan.
Lorsque sort enfin le produit fini sous forme de livre en couleur relié comprenant un CD, c'est un coup de tonnerre qui s'abat sur la ville du roi Gradlon, Kemper : les quotidiens, qui ont pour habitude d'avoir une bonne longueur d'avance sur les infos culturelles du genre, sont cette fois pris de court et s'empressent de corriger le tir. C'est un plébiscite à la fois de la part de la critique mais aussi de la part des premiers 'découvreurs-acheteurs'. À l'heure où la musique trad. s'est imposée comme le plus grand standard musical breton, ce rock novateur va en remuer plus d'un !
Strinkadenn Ys s'écoute et se lit, le livre de 52 pages nous entraîne dans la légende d'Enora, une tailleuse de pierre, dont les mains habiles redonnent vie au granit, formes aux cathédrales, âme au sacré. Entre beauté et horreur, amour et malheur, elle suit un parcours initiatique qui revêt parfois des allures de science-fiction, les êtres bienfaisants ou malfaisants sont illustrés au fil de leurs apparitions. La mer, le merveilleux, le décor défile ... et finalement nous transporte dans les profondeurs de la Cité d'Ys.
Il ne s'agit que du premier volet d'une trilogie dont le deuxième a vu le jour en 2006 : Samsâra. Nul doute que ceux qui ont découvert Strinkadenn et Samsâra attendront avec impatience le prochain opéra de Seven Reizh !
- Selaou - 10'17
- Dornskrid - 3'10
- Sovajed a-feson - 6'02
- Naer ar galloud - 6'49
- Hybr'Ys - 9'35
- Kan Kêr'Ys - 6'25
- Liñvadenn - 5'03
- Tad ha Mamm - 8'02
- Enora ha Maël - 4'40
- Mall eo monet da Ys - 8'50

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