La Bretagne est connue pour être la "terre des pardons". Son passé celtique et une christianisation tardive et originale venue des îles Britanniques lui ont donné un caractère propre qu'expriment les innombrables saints, chapelles, fontaines de dévotion et pardons. Fête religieuse et fête profane à la fois, le pardon est un moment privilégié de la communauté paysanne bretonne : on y gagne des "indulgences", on y cherche réconfort et guérison, on s'y retrouve aussi entre parents et voisins.
Quelques-uns sont sans doute d'origine celtique, comme la Troménie de Locronan qui n'a lieu que tous les six ans. D'autres datent du Moyen-Age comme celui de Saint-Yves à Tréguier oł les pèlerins honorent le premier saint d'origine bretonne, le patron des hommes de loi. Le Tro Breiz, qui mène les pèlerins d'évêché en d'évêché sur les tombeaux des sept saints fondateurs, connut un grand succès au Moyen Age avant d'être remplacé dans le coeur des Bretons par le pèlerinage de Sainte-Anne-d'Auray, créé en 1624 à la suite de l'apparition de sainte Anne à Yves Nicolazic, un humble paysan.
De spectaculaires cérémonies furent organisées pour les couronnements des Vierges au siècle dernier, "âge d'or" des pardons. Ils attiraient alors voyageurs et artistes, amateurs de costumes de fêtes et de traditions qui semblaient émerger d'un lointain passé.
Après une période de reflux marquée par l'opposition du clergé aux aspects profanes, parfois déconcertants, de ces fêtes et une certaine "folklorisation", un renouveau se manifeste aujourd'hui. Ce besoin de spiritualité et d'authenticité est particulièrement sensible dans la Troménie de Locronan, dans la résurgence du Tro Breiz ou dans la dévotion à saint Yves, tandis que la visite du pape Jean-Paul II à Sainte-Anne-d'Auray le 20 septembre 1996 confirma l'importance du premier sanctuaire breton. |