Gildas Buron analyse en détail le système de production du marais salant dans ses dimensions technique, juridique, fonctionnelle. Dans une vivante description, l'auteur mêle observations de terrain et données historiques. En émaillant le texte de dictons, d'anecdotes et de traits de langage populaire, il donne la parole à la mémoire collective et aux générations de palludiers qui ont uvré sur le marais
Pour la première fois, un ouvrage brosse l'histoire d'une société qui a transformé au fil des siècles des vasières littorales en terroir de production et qui l'a entretenu jusqu'à l'aube du XXIème siècle.
L'auteur nous éclaire aussi sur la nature des relations entre propriétaires et exploitants tout en mettant en évidence la hiérarchie propre aux gens du marais. cette population paysanne comprnd certes des maîtres-paludiers, des paludiers mais aussi un nombre élevé de journaliers-manuvriers : porteresses, gabariers, chausseurs, muletiers et sauniers.
Aujourd'hui promu espace naturel et territoire de fascination au cur d'un nouveau contrat social, le marais salant de Batz-Guérande est en fait un paysage culturel dont l'attrait a sans cesse été redéfini en fonction des préoccupations de la société.. Gildas Buron montre en analysant guides touristiques et monographiques publiés dès le début du XIXème siècle, comment la société nantaise (propriétaires fonciers, négociants et industriels acquéreurs de biens nationaux, puis villégiateurs à l'origine du tourisme balnéaire) a forgé des stéréotypes sur le marais et les paludiers. Cette dernière partie, comme l'ensemble du livre, est largement illustrée d'uvres d'artistes qui ont participé à ce mouvement.
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