"J'étais patriote - le pays l'était - je fus inscrit à la garde Nationale...
...Je vous laisse à penser quelles orgies il s'y est fait pendant notre séjour. Nous avons traité le pays en vrai pays conquis. Les bufs, les veaux, la volaille, le beurre, les fruits et les femmes étaient en réquisition et nous en avons usé bien largement".(Affaire de Fouesnant)
"Nous étions là, quatorze, tous bretons bretonnants, aucun de nous n'était triste. Je vous laisse à penser le bruit que nous faisions! Il se fit autour de nous un cercle de curieux de toutes les classes. Chacun faisait des conjectures sur la nation dont nous faisions partie. A la fin, un Monsieur assez proprement mis s'approcha de nous... et notre compatriote prit place entre nous. Il dit aux badauds qui nous regardaient que nous étions du bout de la terre ; qu'après notre pays il n'y avait plus que de l'eau, ce qui est vrai. Nous rîmes de leur niaiserie et passâmes là une heure de bon sang."(Les Fédérés du Finistère à Paris)
"Il n'y avait point de prêtre à Carantec. Monsieur Le Lez, l'ancien curé, vivait en se cachant. J'ai su qu'il était venu plus d'une fois faire des baptêmes dans la commune et y dire des messes, mais je me serais bien gardé de la dénoncer. C'était un vieillard respectable qui m'honorait de son amitié."(Instituteur à Carabtec)
Lorsque Jézéquel, agé de 78 ans, écrit son livre de vie, il est à la recherche d'un emploi, car il a encore un fils de sept ans et demi à nourrir, et aucune aide ni pension. Et pourtant, quelle foi, quelle vie passée au service de la nation, que de tribulations et que d'argent a-t-il vu passer entre ses mains, sans rien retenir pour lui.
En 1845, il contemple avec nostalgie et amertume ce que fut ce passé.
"En 1791-91, c'était le temps de la République".
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