C'est en marchant que j'écris ce que ma mémoire enregistre. Elle est fidèle et restitue les mots, les images, les cadences et plus encore les couleurs et les odeurs. J'aime les poivres et les pollens de mon pays et tout ce qui l'organise et le personnifie. Une cloche que le vent promène, un Dieu entrevu au carrefour d'une croix, la dernière coiffe d'une main et le parapluie de l'autre, tout est bonheur et, comme le veut Bernanos, tout est grâce.
Il arrive que la fête soit intense dans mon coeur et dans mon esprit. J'en appelle alors aux amis tandis que ma femme arrange un bouquet de digitales sur la table. L'heure est venue de rire, de chanter, de communier dans le verbe."
Pour ce festin de l'esprit breton auquel il nous convie, le promeneur solitaire s'est transformé en homme-orchestre. Le poète se fait ironiste, le croyant panthéiste, le romancier chroniqueur et l'homme est à genoux devant sa Bretagne natale. "Bouleversé, il bouleverse", a dit de lui Robert Sabatier.
Charles le Quintrec est né à Plescop, Morbihan, en 1926. Depuis la fin de l'adolescence, il consacre sa vie à l'écriture. Poète, couronné par le prix Max Jacob, le prix Apollinaire, le grand prix de poésie de l'Académie française, le grand prix de la Société des gens de lettres et la bourse Goncourt de la poésie, il est aussi un romancier accompli et un mémorialiste qui sait célébrer son temps avec tendresse, mais sans concession.
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